Quelle taille d'aquarium choisir pour 2 poissons rouges ?
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Un poisson rouge adulte peut mesurer jusqu’à 20 à 25 centimètres et vivre une quinzaine d’années, à condition de ne jamais l’enfermer dans le petit bocal rond qu’on lui associe encore trop souvent. La réputation de poisson facile, qui survit à peu près partout, lui a valu des décennies de mauvais traitements involontaires. Voici ce qu’il faut réellement prévoir avant d’en accueillir.
Le Carassius Auratus, un poisson mal connu
Le poisson rouge appartient à la famille des cyprinidés, celle des carpes, et porte le nom scientifique de Carassius auratus. Dans la nature, il n’est d’ailleurs pas rouge mais plutôt gris-vert, une couleur de camouflage bien plus discrète que celle obtenue par la sélection en élevage.
C’est un omnivore opportuniste, capable de manger presque tout ce qu’il trouve dans son bac. Cette capacité ne doit pas se transformer en excuse pour lui donner les restes de table : le pain, les aliments salés, gras ou épicés perturbent sa digestion et peuvent, à répétition, provoquer des troubles de la vessie natatoire ou une intoxication.
Quelle taille d’aquarium pour deux poissons rouges
C’est le poisson qu’on offre volontiers à un enfant, ou que choisit un aquariophile débutant, en pensant qu’il demandera peu de place et peu de moyens. C’est l’erreur la plus fréquente sur cette espèce : un poisson rouge grandit vite et produit beaucoup de déjections pour sa taille, ce qui exige un volume d’eau important pour rester stable.
Un seul poisson rouge a besoin d’au moins 50 litres pour s’épanouir durablement. Comme il tourne en rond et s’ennuie facilement seul, mieux vaut prévoir un compagnon, ce qui porte le volume minimal à 100 litres pour deux poissons. À titre de repère, un aquarium de 96 litres correspond à des dimensions d’environ 80 cm de long, 30 cm de large et 40 cm de haut.
Le matériel nécessaire autour du bac
L’aquarium seul ne suffit jamais. Le poisson rouge produit beaucoup de déchets pour sa taille, ce qui impose une filtration dès le premier jour. Quatre éléments complètent l’installation de base :
- Un filtre dimensionné pour un volume au moins équivalent à celui du bac, car les poissons rouges salissent vite l’eau
- Un bulleur pour maintenir un bon taux d’oxygène dissous
- Une épuisette pour récupérer les gros déchets sans perturber le filtre
- Des plantes, naturelles ou robustes, pour se rapprocher de l’habitat d’origine et offrir des cachettes
Avant d’introduire le moindre poisson, le bac doit être rodé : le filtre tourne à vide pendant quatre à six semaines, avec une source d’ammoniaque ajoutée volontairement, le temps que les bactéries épuratrices s’installent. Ce cycle de l’azote transforme l’ammoniaque toxique en nitrites, puis en nitrates bien moins nocifs. Sauter cette étape revient à plonger le poisson rouge dans une eau encore stérile, incapable d’absorber l’ammoniaque qu’il produit dès les premières heures.
Bien accueillir un poisson rouge le jour de l’achat
Le transport reste un moment de stress important pour l’animal, et la façon de l’introduire dans l’aquarium compte autant que le choix du bac. Il ne faut jamais verser directement le contenu du sac dans l’eau de l’aquarium : la différence de température et de composition de l’eau peut choquer le poisson.
Le sac fermé doit flotter à la surface de l’aquarium pendant environ trente à quarante-cinq minutes, le temps que la température s’équilibre progressivement. Le poisson se transfère ensuite à l’épuisette, jamais en vidant l’eau de transport dans le bac : cette eau peut contenir des bactéries ou des parasites issus du bassin d’élevage précédent.
Les paramètres d’eau à surveiller
Le poisson rouge tolère des variations de température plus larges que beaucoup d’espèces tropicales, entre 18 et 22 °C environ, et n’a pas besoin de chauffage dans un intérieur tempéré. Un pH proche de la neutralité, entre 7 et 8, et une eau bien oxygénée conviennent à la plupart des lignées, qu’il s’agisse de poissons rouges communs ou de variétés à corps rond comme le voile de Chine ou le ranchu, plus fragiles et plus sensibles aux écarts brusques.
Un test régulier de l’ammoniaque et des nitrites, poursuivi dans les premières semaines suivant l’introduction des poissons dans le bac rodé, permet de détecter un déséquilibre avant qu’il n’affecte les poissons. Un pic de ces deux paramètres reste la cause la plus fréquente de mortalité inexpliquée chez un poisson rouge par ailleurs bien nourri.
L’entretien courant, semaine après semaine
Un changement d’eau partiel reste nécessaire même avec un bon filtre, car celui-ci ne retire pas les nitrates accumulés. La règle courante est de renouveler environ 10 % du volume chaque semaine, et jusqu’à 25 % avant un départ en vacances de deux semaines, pour limiter la concentration de déchets pendant l’absence.
Un nourrissage en petite quantité, une à deux fois par jour, évite aussi l’excès de nourriture non consommée qui se décompose et dégrade la qualité de l’eau. Ce que le poisson n’a pas mangé en deux minutes doit être retiré plutôt que laissé au fond du bac.
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